Au fil de l'eau

Plérin (Bretagne) - AFP - Nov 2014 - par hbc le 10/01/2014 @ 16:53
Dépêche AFP : TENDANCE - Le longe-côte, un sport "nature" en pleine expansion


PLERIN-sur-MER (FRA), 09 nov 2013 (AFP)
Une longue procession de "fidèles", tous de noir vêtus, dans l'eau jusqu'aux épaules, qui marche dans la mer parallèlement au rivage: pour le profane, la première perception du longe-côte, une activité d'extérieur en pleine expansion sur le littoral français, est déroutante.
Une combinaison de surf et des chaussons de voile: vous voilà prêts à vous lancer dans l'expérience, pour une heure ou un peu plus, de marche soutenue dans la mer, hiver comme été.
"Quand les gens commencent, ils n'arrêtent plus", témoigne Thomas Martin, moniteur de voile diplômé d'Etat et animateur au centre municipal de voile de Plérin, près de Saint-Brieuc. "Pour cette activité lancée au printemps 2011, nous en sommes à 200 adhérents. Mais nous avons plus de 80 personnes en liste d'attente et beaucoup d'autres que nous avons découragé de s'inscrire, faute de désistement".
Au plan national, on compte quelque 25 clubs ou associations de longe-côte réunissant plusieurs milliers de pratiquants de la mer du Nord à l'Atlantique, avec une pointe en Méditerranée, à Hyères (Var).
"On arrête seulement six semaines en fin d'année pour la fermeture annuelle du club", explique Thomas Martin. Car c'est rarement le froid qui fait reculer les pratiquants: "On ne sent pas le froid parce qu'on bouge tout le temps dans l'eau", assure Jeannine Baron qui pratique hors club, avec quelques amies, sur la même grande plage des Rosaires que ce dernier. "Personne ne s'étonne de voir des gens aller courir en hiver. Là, c'est pareil, on se réchauffe très vite", renchérit Thomas Martin.
Un sport de mémés? A la mauvaise saison, certains enfilent des gants ou des cagoules, quand la mer est trop mauvaise et que "les vagues te passent par-dessus la tête". En l'absence de règlementation pour ce sport novateur, le club s'est imposé un seul feu rouge: pas de sortie quand la température extérieure est inférieure à 5 degrés.
Pour ceux qui travaillent, certaines séances se déroulent à 18H, à la nuit tombée pendant une période de l'année. "Qu'il fasse nuit, ce n'est pas gênant. On porte tous une petite lampe frontale étanche pour se repérer", indique Thomas Martin.
Il faut dire que cette pratique suscite l'intérêt d'une population "très diversifiée". "On compte davantage d'actifs que de retraités. Le plus jeune de nos pratiquants a 22 ans et la plus âgée 72 ans", relève le moniteur.
En revanche, les femmes y sont largement majoritaires. "Beaucoup d'hommes vont vous dire que le longe-côte est un sport de +mémés+... Moi, je me disais la même chose avant", avoue Thomas Martin qui, depuis, s'est pris au jeu et reconnaît "avoir changé". "A ceux qui tiennent ce genre de propos, je rappelle que le longe-côte a été mis au point par un entraîneur de l'équipe nationale d'aviron pour ses sportifs", rétorque l'animateur qui compte, parmi ses pratiquants, un ancien marathonien dont les genoux abîmés ne supportaient plus aucun sport classique.
En communion avec la nature "Ça fait travailler les abdominaux, les fessiers, les cuisses. Ceux qui veulent faire travailler le haut du corps avancent avec des pagaies", indique le moniteur. Mais ce qu'il y apprécie surtout, "c'est la convivialité". Et aussi le plaisir de réconcilier avec l'eau des personnes qui ne savent pas nager ou qui sont victimes d'aquaphobie.
"L'avantage, c'est que tu peux aller à ton rythme. Si tu veux faire plus intense, rien ne t'en empêche", commente Marie-Noëlle Gourio, qui pratique aussi hors club. "C'est un moment de détente, d'échange. Ça me permet de souffler, c'est une parenthèse, un peu comme un cours de yoga. C'est aussi une communion avec la nature", explique-t-elle.
"Ça te brasse, c'est comme un massage, une séance de thalassothérapie. Je sors de l'eau, je suis bien, je me sens reposée, comme après une bonne nuit de sommeil. En plus la mer, des nuages, des lumières magnifiques... C'est un bien-être immense, au physique comme au moral", complète Jeannine Baron.
Sensible aussi à ce côté "nature", le club propose en juillet une sortie au lever du soleil: "on va dans l'eau entre 6 et 7H. Au retour, le club offre le petit-déjeuner. Et, ensuite, ils partent tous au travail pour 8H." Frais et dispos pour entamer une nouvelle journée!
Plus d'informations sur le site http://www.sentiersbleus.fr/